Après la volée de bois vert adressée in illo tempore à la RTBF pour son Bye Bye Belgium par ses chers confrères de la VRT, ceux-ci ont diffusé hier soir leur version, sérieuse, de la même question.
Hormis quelques brefs moments, la présentation du Plan B par la VRT m'a plutôt ennuyé. L'idée était excellente de ne tendre le micro ni à des politiciens ni à des citoyens lambda égarés sur le trottoir de circonstances, mais on était loin de l'analyse scientifique; depuis quand d'ailleurs des spécialistes du droit, même professeurs, seraient-ils devenus des scientifiques ?
Les états d'âme de Van Parijs étaient en particulier affligeants par leur manque de références : assertions péremptoires, opinions, Café du Commerce. Bea Cantillon par contre a sauvé l'émission du naufrage en une seule phrase: "Le repli de la solidarité vers des entités plus petites est un recul de la civilisation". Tout était dit. Et oublié aussi vite puisque je n'ai pas trouvé ce matin un seul site flamand qui l'ait citée in extenso.
Ce qui m'a surtout frappé c'est que, mis à part donc cette phrase de Bea Cantillon, la plupart des commentaires se sont focalisés sur l'idée que le Plan B ne tenait pas à cause des difficultés de... sa mise en oeuvre. On nous a répété que Tchèques et Slovaques avaient dû signer 38 traités qui noircissaient 22.000 pages. On nous a aussi rappelé que notre dernier splitsing (d'avec nos amis bataves) avait mis une dizaine d'années à être finalisé. La belle affaire...
En étant optimiste, je dirais que nous noircissons du papier sur ce thème depuis 1898, dans une inflation permanente de "traités" belgo-belges, qu'on appelle "révisions constitutionnelles", "réformes de l'Etat", "lois spéciales" ou plus discrètement "lois de financement". Il ne semble donc guère plus simple de rester ensemble que de se séparer.
L'idée s'insinue donc en moi que, si au nord du pays, l'on trouve que le Plan B n'est après tout pas une si bonne idée, c'est peut-être que l'on ne le trouve pas encore assez mûr (la NVA est de plus en plus claire sur ce point). Ou, pire encore, que l'on pourrait peut-être garder le beurre et l'argent du beurre en "approfondissant" le système actuel.
En effet, par la "responsabilisation des entités fédérées" dans un cadre "confédéral", ne pourrait-on pas arriver à fermer une bonne fois pour toutes le robinet qui alimente depuis trop longtemps les Wallons paresseux et les Bruxellois allochtones, tout en gardant un pied ferme à Bruxelles ? Les invités de la VRT qui se sont exprimés (prudemment) sur Bruxelles, tout en échafaudant parfois des projets abracadabrants de statut spécial (traduisons: qui préserverait au moins le bilinguisme à Bruxelles), semblent s'être accordés sur l'idée que, dans tout Plan B, Bruxelles était perdue pour les Flandres. Lucidité...
Conclusion: quand j'entends maintenant mes compatriotes septentrionaux me dire que le Plan B n'est pas la bonne solution, j'ai TRÈS envie d'approfondir la question.
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