lundi 17 janvier 2011

Je camperai dans mon jardin

J'ai toujours aimé le camping, depuis mon enfance et jusqu'à aujourd'hui. N'ayant pas eu l'occasion de planter notre tente dans le Sahara depuis deux ans, nous l'avons plantée l'été dernier dans notre jardin pour en faire goûter le charme à nos petites-filles. Et je suis prêt à recommencer à tout moment.
Mais s'il y a bien un endroit où je n'irai pas camper, c'est devant "le 16", même virtuellement. D'abord parce que ce n'est pas là que se déroulent les négociations (ou ce qui en tient lieu), mais surtout parce que je suis persuadé que les politiciens qui tentent de débrouiller la situation le font déjà sous de réelles pressions.
Il me parait en effet trop facile d'exprimer son opinion et puis de blâmer ceux qui n'arrivent pas à en tenir compte.  Oui, certains trouvent qu'il suffirait que nos politiciens "travaillent un peu plus" pour qu'ils trouvent une solution, mais seraient-ils d'accord pour autant que cela se fasse au mépris de l'opinion qu'ils ont pourtant clairement exprimée?
Évidemment il y a ceux qui n'ont pas d'opinion et qui veulent tout juste un gouvernement; pour ceux-là, je ne vois pas où est le problème: ils ont un gouvernement "en affaires courantes", dirigé par quelqu'un qui leur est indifférent, à la tête d'une équipe qui ne leur fait ni chaud ni froid. Et qui, soit dit en passant, continue à disposer d'une majorité au Parlement.  Oublions donc ces apolitiques.
Ce sont les anti-politiques qui me gênent.
Je pense que ce qu'il y a de particulier dans la situation depuis juin, c'est que, pour la première fois, nombre d'élus ne sont plus prêts à renoncer à leur programme électoral dès le lendemain de leur élection.  Tous ceux qui critiquent les politiciens qui ne tiennent pas leurs promesses, qui retournent leur veste à la première occasion, et qui sont d'ailleurs toujours les mêmes, qu'ont-ils à dire aujourd'hui à Wouter Beke, Bart De Wever ou Alexander De Croo qui n'ont JAMAIS participé à de telles négociations?
Ceci ne veut pas dire que je partage une quelconque des opinions de ces trois personnages, horresco referens, mais je les respecte au nom de la démocratie, que je respecte encore plus.
Il me semble en effet que nous ressentons aujourd'hui l'effet de l'expression démocratique d'opinions radicalement divergentes. Le problème n'est pas la démocratie mais le système abracadabrant dont nous avons toléré la mise en place progressive depuis une cinquantaine d'années. Et que l'on ne me dise pas qu'on nous l'a imposé: un processus qui se déroule sur cinquante ans n'est pas exactement ce que l'on appelle un coup d'état.
Pour répondre à l'expression progressivement divergente des opinions dans le pays, nos représentants ont petit à petit mis en place un système qui tentait de ménager la chèvre et le chou. Si cela ne nous plaisait pas, nous avons eu maintes occasions de l'exprimer dans les urnes.  Je l'ai fait; la majorité d'entre nous s'en est accommodée; je me suis incliné.
Je refuse donc d'incriminer ceux qui ont été élus par leurs concitoyens, sur des programmes suffisamment clairs. Et que l'on ne me refasse pas le coup de prétendre que les électeurs ont voté pour des gens dont ils n'approuvaient pas le programme!  L'immense majorité des électeurs sait lire et écrire et ce serait leur faire injure que de prétendre qu'ils ne savaient pas ce qu'ils faisaient dans l'isoloir.  Ils ont pris leurs responsabilités. Qu'ils assument. Et autrement qu'en blâmant ceux qu'ils ont choisis en toute connaissance de cause.

1 commentaire:

  1. Peut-être le problème vient-il du changement des règles du jeu imposé par certains partis ?
    Le consensus obligatoire dans notre système fait que les politiques sont forcés de laisser tomber une bonne partie de leurs programmes pour arriver à un accord de gouvernement.
    Du coup même quand les gens lisent et comprennent les programmes, ils se disent que ce programme ne sera de toutes façons jamais suivi et ils votent pour marquer une tendance générale plutôt que leur accord formel à chacun de ses points.
    Maintenant arrive un BDW qui ne joue pas au même jeu là et ne veut rien laisser tomber, ça change la donne.
    Je serais curieux de voir le résultat si on revotait aujourd'hui, ça clarifierait bien la situation en tout cas...

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